Pour récupérer l’eau de pluie, le plus simple est d’installer un collecteur sur la descente de gouttière et de le relier à une cuve hors sol, opaque et bien fermée. Chaque millimètre de pluie tombé sur ton toit donne environ un litre par mètre carré : même un petit toit remplit vite un récupérateur de 300 litres. Cette eau est parfaite pour arroser le jardin et le potager, mais elle n’est pas potable.
En bref
- Le principe : un collecteur sur la gouttière dévie l’eau vers une cuve, et laisse repartir le surplus dans la descente quand la cuve est pleine.
- Le bon calcul : surface au sol du toit x pluie tombée (en mm) = litres récupérables, moins 10 à 20 % de pertes.
- La bonne cuve : opaque, couverte, posée sur un socle stable et surélevé pour remplir facilement l’arrosoir.
- Usages : arrosage, lavage extérieur sans formalité. Usages dans la maison (WC, sols, lave-linge) possibles sous conditions strictes.
- À ne pas oublier : fermer la cuve contre les moustiques, et la vider ou la protéger avant les gelées.
Potager 365 Jours : le calendrier du potager mois par mois, adapté à ta région. Voir le guide (17 €)Pourquoi récupérer l’eau de pluie au jardin ?
L’eau de pluie est gratuite, et les plantes l’adorent. Elle est douce (pauvre en calcaire), sans chlore, et à température ambiante : elle ne crée pas de choc thermique aux racines, contrairement à l’eau froide du robinet. C’est l’eau idéale pour les semis, les plantes en pot et les plantes qui craignent le calcaire, comme les hortensias, les azalées ou les camélias.
Récupérer l’eau de pluie, c’est aussi faire des réserves pour l’été, au moment où les arrêtés sécheresse limitent parfois l’arrosage avec l’eau du réseau. Combinée à un bon paillage, une cuve aide à passer les semaines sèches. Pour garder l’humidité dans la terre, lis aussi notre article sur le paillage du potager.
Récupérateur d’eau de pluie : quel modèle choisir ?
Il existe trois grandes familles de récupérateurs. Pour un jardin de particulier, la cuve hors sol suffit dans la grande majorité des cas.
| Type | Capacité courante | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Cuve hors sol classique (cylindrique ou rectangulaire) | 200 à 500 L environ | Simple, rapide à installer, se raccorde à la gouttière en une heure | Visible, à protéger du gel |
| Cuve décorative ou murale « slim » | Environ 200 à 500 L | Se loge contre un mur, aspect bois, pierre ou amphore, idéale pour une petite cour | Capacité limitée |
| Cuve enterrée | Plusieurs milliers de litres | Grande réserve, invisible, à l’abri du gel | Travaux de terrassement, pompe nécessaire, installation par un professionnel conseillée |
Quel que soit le modèle, vérifie ces points :
- Une cuve opaque : la lumière fait proliférer les algues et verdir l’eau.
- Un couvercle qui ferme bien : pour la sécurité des enfants et des animaux, et contre les moustiques.
- Un robinet en bas de cuve, assez haut pour glisser un arrosoir dessous (sinon, prévois un socle).
- Un trop-plein ou un collecteur qui renvoie le surplus dans la gouttière quand la cuve est pleine.
- Une possibilité de jumelage : beaucoup de cuves se relient entre elles par le bas pour augmenter la réserve.
Quelle capacité pour ton récupérateur ?
Pour estimer la quantité d’eau que ton toit peut fournir, il suffit de retenir un repère : 1 mm de pluie = 1 litre d’eau par mètre carré. La formule est donc la suivante :
Eau récupérable (en litres) = surface au sol du toit (en m²) x pluie tombée (en mm) x coefficient de toiture
- La surface au sol du toit, c’est la surface couverte vue du dessus (longueur x largeur), pas la surface des pentes. Ne compte que la partie du toit qui s’écoule dans la gouttière équipée.
- La pluviométrie annuelle moyenne varie beaucoup en France : souvent entre 600 et 900 mm par an, moins dans certaines plaines et sur une partie du pourtour méditerranéen, et nettement plus en montagne, au Pays basque ou à la pointe de la Bretagne. Météo-France publie les normales de chaque station.
- Le coefficient de toiture tient compte des pertes (évaporation, éclaboussures, filtre) : environ 0,8 à 0,9 pour un toit en tuiles ou en ardoises, nettement moins pour un toit plat gravillonné ou végétalisé.
Des exemples pour se repérer
| Situation | Calcul | Résultat indicatif |
|---|---|---|
| Une averse de 10 mm sur un toit de maison de 80 m² | 80 x 10 x 0,9 | Environ 720 L |
| Une année à 700 mm sur un toit de 80 m² | 80 x 700 x 0,9 | Environ 50 000 L sur l’année |
Ces ordres de grandeur montrent que le toit est rarement le facteur limitant : une bonne pluie remplit une cuve de 300 litres. La vraie question est la réserve nécessaire pour tenir entre deux pluies, en été.
En pratique, une cuve de 300 à 500 litres convient bien pour des plantes en pots, une petite terrasse ou quelques massifs. Pour un potager familial, mieux vaut viser 1 000 litres ou plus, en jumelant plusieurs cuves ou en passant à une cuve enterrée. Pense aussi à équiper la gouttière d’un abri de jardin, au plus près des cultures.

Installer un collecteur sur une gouttière pas à pas
Le collecteur (ou « récupérateur de gouttière ») se monte sur la descente verticale. Il dévie l’eau vers la cuve, puis laisse l’eau continuer vers le sol ou l’égout une fois la cuve pleine, sans débordement. Vérifie avant l’achat le diamètre de ta descente (souvent 80 ou 100 mm) et sa forme, ronde ou carrée.
- Prépare l’emplacement de la cuve au pied de la descente : un sol plat et stable, ou mieux une dalle ou des parpaings. Une cuve de 300 litres pleine pèse environ 300 kg.
- Pose la cuve sur un socle de 20 à 40 cm pour pouvoir glisser un arrosoir sous le robinet.
- Repère la hauteur de coupe : le collecteur se place au niveau du haut de la cuve (ou légèrement au-dessus de l’entrée d’eau, selon la notice). C’est ce qui permet à l’eau de repartir dans la descente quand la cuve est pleine, selon le principe des vases communicants.
- Coupe la descente à la scie à métaux, en suivant le gabarit fourni avec le collecteur.
- Emboîte le collecteur entre les deux morceaux du tuyau, bien droit.
- Relie le collecteur à la cuve avec le tuyau fourni, en perçant la cuve à la scie cloche si elle n’a pas d’entrée prévue.
- Vérifie à la première pluie qu’il n’y a pas de fuite et que le trop-plein fonctionne.
Nettoie régulièrement le filtre du collecteur et les gouttières, surtout à l’automne : les feuilles mortes bouchent les passages et salissent l’eau. Si ta toiture est en zinc ou en tuiles, aucun souci pour l’arrosage. Par précaution, évite en revanche de récupérer l’eau d’une vieille toiture en fibrociment (qui peut contenir de l’amiante) ou comportant du plomb pour arroser des légumes.
Récupérer l’eau de pluie : ce que dit la réglementation
Récupérer l’eau de pluie de ton toit est libre et ne demande aucune démarche tant que tu l’utilises à l’extérieur. Pour un usage dans la maison, les règles sont plus strictes. Depuis le 1er septembre 2024, elles sont fixées par le décret n° 2024-796 et un arrêté du 12 juillet 2024, qui ont remplacé l’arrêté du 21 août 2008 longtemps cité en référence.
Les usages extérieurs, sans formalité
- Arrosage du jardin, du potager et des plantes en pot.
- Lavage des sols extérieurs, de la terrasse, des outils et de la voiture à domicile.
- Alimentation d’une fontaine décorative (eau non potable).
Les usages intérieurs, sous conditions
D’après service-public.gouv.fr, l’eau de pluie peut aussi servir dans la maison pour l’évacuation des WC, le lavage des sols et le lavage du linge, à condition de respecter des règles précises :
- un réseau de distribution totalement séparé du réseau d’eau potable, sans aucune possibilité de connexion entre les deux ;
- une signalétique « eau non potable » sur les canalisations et les points de puisage, avec des robinets qui ne s’ouvrent qu’avec un outil spécifique ;
- une déclaration auprès du service de l’eau de ta commune (mairie) ;
- un entretien régulier de l’installation (filtres, cuve) et une vérification au moins annuelle ;
- une toiture sans amiante ni plomb.
Ce type d’installation, avec cuve enterrée, pompe et double réseau, se confie de préférence à un professionnel. Dans tous les cas, l’eau de pluie ne doit jamais être bue, ni utilisée pour cuisiner, laver la vaisselle ou faire sa toilette. Certaines communes et intercommunalités proposent des aides ou distribuent des récupérateurs : renseigne-toi en mairie.
Moustiques et récupérateur d’eau de pluie
Une eau stagnante à l’air libre attire les moustiques qui viennent y pondre, en particulier le moustique tigre, désormais présent dans une grande partie de la France. Par temps chaud, quelques jours suffisent pour qu’une ponte donne des adultes.
- Choisis une cuve avec un couvercle étanche, et garde-le toujours fermé.
- Couvre toutes les ouvertures (entrée d’eau, trop-plein) d’une moustiquaire ou d’un voile fin, bien fixé.
- Ne laisse pas traîner d’eau dans les arrosoirs, seaux et soucoupes : vide-les après usage.
- Si tu vois de petites larves frétiller en surface, vide la cuve et renforce l’étanchéité.
Hiverner son récupérateur d’eau de pluie
L’eau augmente de volume en gelant. Une cuve hors sol pleine peut se fendre, et le robinet ou le collecteur peuvent éclater. Avant les premières gelées, de novembre dans le Nord, l’Est et en montagne, plus tard dans l’Ouest et le Sud, prépare ton installation :
- Ferme le collecteur (beaucoup de modèles ont une position « hiver ») ou déconnecte le tuyau, pour que l’eau reparte dans la descente.
- Vide la cuve en arrosant une dernière fois les plantations, ou laisse-la au moins à moitié vide pour laisser de la place à la glace.
- Laisse le robinet ouvert ou démonte-le et range-le à l’abri.
- Nettoie la cuve à l’eau claire et à la brosse pour enlever le dépôt du fond.
- Remets le couvercle pour éviter que la pluie et les feuilles ne s’y accumulent.
Dans le Sud, où les gelées sont rares et courtes, beaucoup de jardiniers laissent la cuve en service tout l’hiver pour profiter des pluies de saison. Garde quand même un œil sur la météo, et pense à préparer le potager pour l’hiver en même temps. Les cuves enterrées, elles, sont à l’abri du gel. Pour programmer ces gestes de saison et toutes les tâches du jardin mois par mois, l’ebook Potager 365 Jours propose un calendrier adapté à 4 climats français.
Pour récupérer l’eau de ton toit
Collecteur d’eau de pluie WERKA PRO Ø 80 mm
Pour équiper une descente de gouttière ronde de 80 mm et remplir ta cuve sans débordement.
Voir sur AmazonRécupérateur d’eau de pluie Belli déco 300 L
Une cuve décorative de taille moyenne, adaptée à une terrasse ou à un jardin de ville.
Voir sur AmazonRéservoir slim 4rain 350 L
Une cuve fine qui se plaque contre un mur, idéale quand la place manque au pied de la gouttière.
Voir sur AmazonLiens partenaires Amazon : si tu achètes via ces liens, je touche une petite commission, sans surcoût pour toi. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Les erreurs à éviter
- Choisir une cuve transparente ou laissée à découvert : algues, eau verte et moustiques garantis.
- Poser la cuve à même la terre meuble : pleine, elle s’enfonce et penche.
- Mal placer le collecteur : trop bas, la cuve déborde ; trop haut, elle ne se remplit jamais complètement.
- Laisser la cuve pleine en hiver dans une région froide : elle peut se fendre.
- Raccorder l’eau de pluie à la plomberie de la maison sans respecter la réglementation : risque de contaminer le réseau d’eau potable.
- Boire l’eau de pluie ou l’utiliser pour cuisiner : elle n’est pas potable.
À lire aussi : Faire son compost · Créer son potager · Le potager sur balcon
Questions fréquentes
Faut-il déclarer un récupérateur d’eau de pluie ?
Non, pas pour un récupérateur utilisé à l’extérieur, pour arroser ou laver. Une déclaration en mairie n’est demandée que si l’eau de pluie alimente des usages à l’intérieur de la maison, comme les WC ou le lave-linge.
Peut-on arroser le potager avec l’eau de pluie ?
Oui, c’est même l’eau idéale pour les légumes. Par précaution, arrose au pied plutôt que sur les feuilles, surtout pour les légumes que l’on mange crus, et évite l’eau issue de toitures anciennes en fibrociment ou comportant du plomb.
Combien de temps se conserve l’eau de pluie dans une cuve ?
Dans une cuve opaque et bien fermée, l’eau se garde plusieurs semaines sans problème pour l’arrosage. Si elle sent mauvais ou verdit, la cuve est sans doute exposée à la lumière ou encombrée de débris : vide-la, nettoie-la et vérifie le filtre.
Quelle taille de cuve pour un petit jardin ?
Pour quelques massifs et des plantes en pots, une cuve de 200 à 300 litres suffit souvent. Pour un potager, vise plutôt 500 à 1 000 litres, en jumelant plusieurs cuves si besoin, car les besoins en eau sont élevés en plein été.
Conclusion
Récupérer l’eau de pluie demande peu d’efforts : un collecteur bien placé, une cuve opaque et fermée, un peu d’entretien et une vidange avant l’hiver. En échange, tu disposes d’une eau douce, gratuite et parfaite pour tes plantations. Retrouve d’autres gestes utiles dans notre rubrique entretien du jardin.

