Taille du pommier et des arbres fruitiers : quand et comment

Taille du pommier et des arbres fruitiers : quand et comment

La taille du pommier se fait en hiver, pendant le repos de la végétation, de novembre à fin février, un jour sans gel. On garde le bois qui porte les fruits (lambourdes et brindilles couronnées), on supprime le bois mort, les gourmands et les branches mal placées, et on raccourcit les rameaux à bois à deux ou trois yeux. Le poirier se taille de la même façon. Les fruitiers à noyau, eux (cerisier, prunier, abricotier), se taillent plutôt après la récolte, en été, pour limiter la gommose.

En bref

  • Pommier et poirier (fruits à pépins) : taille d’hiver, de novembre à fin février, hors période de gel.
  • Cerisier, prunier, abricotier (fruits à noyau) : taille légère après la récolte, en été ou au début de l’automne, par temps sec.
  • Ne coupe pas le bois à fruits : les lambourdes, les dards et les brindilles couronnées porteront les fleurs du printemps.
  • Outils propres et affûtés : désinfecte les lames à l’alcool entre deux arbres.
  • Mieux vaut peu que trop : un arbre taillé trop sévèrement fait du bois et des gourmands, pas des fruits.
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Pourquoi tailler les arbres fruitiers ?

Un arbre fruitier non taillé produit quand même. Mais au fil des années, il devient touffu, les fruits sont plus petits, les récoltes alternent (une année pleine, une année vide) et les maladies s’installent dans le cœur mal aéré. La taille sert à trois choses :

  • Donner une forme solide au jeune arbre, avec des branches bien réparties qui supporteront le poids des fruits.
  • Équilibrer le bois et les fruits : assez de jeunes pousses pour renouveler l’arbre, assez de bois fruitier pour récolter chaque année.
  • Faire entrer l’air et la lumière au centre de l’arbre. Des fruits bien exposés sont plus sucrés, et un feuillage qui sèche vite limite la tavelure et les champignons.

Bonne nouvelle : il n’y a pas besoin d’être arboriculteur. Avec quelques repères simples, tu peux tailler ton pommier sans risque de l’abîmer.

Quand tailler les arbres fruitiers ?

La règle de base tient en une phrase : fruits à pépins en hiver, fruits à noyau après la récolte. Les arbres à noyau réagissent mal aux coupes faites en plein hiver : leurs plaies cicatrisent lentement quand il fait froid et humide, ce qui ouvre la porte à la gommose (écoulement de gomme) et à des maladies comme le chancre bactérien.

ArbrePériode de tailleType de tailleÀ retenir
PommierNovembre à fin février, hors gelFormation puis fructification, taille en vert en étéFructifie surtout sur le bois de 2 ans et plus
PoirierNovembre à février, hors gelFormation puis fructification, taille en vertMême méthode que le pommier, débourre un peu plus tôt
CerisierAprès la récolte, de juillet à aoûtTaille légère d’éclaircieTrès sensible à la gommose : aucune grosse coupe en hiver
PrunierAprès la récolte, en été ; coupes légères possibles en fin d’hiverÉclaircie, suppression du bois mortUne taille d’hiver sévère le fait partir en bois
AbricotierAprès la récolte, fin d’été, par temps secTaille légère d’aérationSensible à la gommose et au dépérissement
PêcherÀ la floraison ou juste avant (fin d’hiver, début de printemps)Renouvellement du boisFructifie sur les rameaux de l’année précédente

Dans tous les cas, choisis une journée sèche et douce. Au sud (Méditerranée, sud-ouest), la taille d’hiver des pépins peut commencer dès novembre et se terminer mi-février, car la végétation redémarre tôt. Au nord, dans l’est et en montagne, attends que les grands froids soient passés : la fin d’hiver, en février, voire début mars en altitude, est souvent plus sûre.

Quand tailler un pommier précisément ?

Le pommier se taille pendant son repos, feuilles tombées et avant le débourrement. Beaucoup de jardiniers préfèrent la fin d’hiver, en février : les bourgeons commencent à gonfler et il devient plus facile de distinguer les boutons à fleurs, ronds et dodus, des yeux à bois, petits et pointus. Évite simplement de tailler quand il gèle ou juste avant une vague de froid annoncée.

Taille du pommier : gros plan sur des lambourdes et boutons à fruits sur une branche de pommier en hiver

Reconnaître le bois à fruits : lambourdes, dards et brindilles

C’est la clé d’une bonne taille du pommier et du poirier. Avant de sortir le sécateur, observe tes branches. Tu vas y trouver deux sortes de bourgeons :

  • L’œil à bois : petit, pointu, collé contre le rameau. Il donnera une pousse feuillée.
  • Le bouton à fleurs : plus gros, plus rond, bien gonflé. Il donnera un bouquet de fleurs, donc des fruits.

Ces bourgeons sont portés par différents rameaux, qu’il faut savoir nommer pour savoir quoi garder :

  • Le dard : rameau très court (quelques centimètres) terminé par un œil pointu. Il se transformera en bouton à fleurs l’année suivante. On ne le taille pas.
  • La lambourde : petit rameau court et ridé, terminé par un bouton à fleurs. C’est le bois à fruits par excellence du pommier et du poirier. On ne la taille pas.
  • La brindille : rameau fin et souple, de 10 à 30 cm environ. S’il se termine par un bouton à fleurs, on parle de brindille couronnée : on la garde entière, sinon on supprime le futur fruit.
  • Le rameau à bois : pousse longue et vigoureuse de l’année, avec seulement des yeux à bois. C’est lui que l’on raccourcit.
  • Le gourmand : pousse très vigoureuse et verticale, souvent sur le dessus d’une branche ou au pied. Il épuise l’arbre sans produire : on le supprime à la base.

Retiens l’idée générale : sur le pommier et le poirier, tout ce qui est court porte les fruits, tout ce qui est long fait du bois.

La taille de formation d’un jeune arbre fruitier

La taille de formation concerne les trois à cinq premières années après la plantation. Son but : construire la charpente de l’arbre. Si tu viens de planter, commence par notre guide pour planter un arbre fruitier, qui explique aussi la première coupe après plantation.

  1. Choisis la forme : en jardin amateur, la plus simple est le gobelet (centre ouvert) ou la forme libre avec un axe central. Les formes palissées (espalier, cordon) demandent une taille plus régulière.
  2. Sélectionne 3 à 5 branches charpentières bien réparties autour du tronc, qui partent à des hauteurs différentes et avec un angle ouvert. Supprime les autres.
  3. Raccourcis chaque charpentière d’environ un tiers de sa longueur, au-dessus d’un œil tourné vers l’extérieur. La nouvelle pousse partira vers l’extérieur et ouvrira l’arbre.
  4. Supprime les branches qui se croisent, celles qui poussent vers l’intérieur et celles qui forment un angle trop fermé avec le tronc, fragiles sous le poids des fruits.
  5. Répète chaque hiver en prolongeant les charpentières, jusqu’à ce que la structure soit en place.

Pendant ces années de formation, n’aie pas peur si l’arbre produit peu. Il construit d’abord son squelette, les récoltes viendront ensuite.

Comment tailler un pommier adulte : la taille de fructification

Une fois la charpente formée, place à la taille de fructification. Elle se fait chaque hiver et vise à garder un équilibre entre bois jeune et bois fruitier. Voici la méthode, branche par branche, pour tailler un pommier sans te tromper :

  1. Commence par le nettoyage : enlève le bois mort, cassé ou malade, les fruits momifiés restés accrochés et les chancres.
  2. Supprime les gourmands à leur base, sauf si l’un d’eux est bien placé pour remplacer une branche vieillissante.
  3. Aère le centre : retire les branches qui se croisent, qui frottent entre elles ou qui partent vers l’intérieur. La lumière doit pouvoir traverser l’arbre.
  4. Raccourcis les rameaux à bois de l’année à 2 ou 3 yeux (c’est la taille dite trigemme). Les yeux restants donneront, les années suivantes, des dards puis des lambourdes.
  5. Garde les lambourdes, les dards et les brindilles couronnées. Sur une branche très chargée, éclaircis simplement les vieilles lambourdes ramifiées (appelées bourses) en en supprimant une partie.
  6. Prends du recul régulièrement pour vérifier l’équilibre général de l’arbre. Il vaut mieux s’arrêter un peu trop tôt que trop tard.

Fais chaque coupe au-dessus d’un œil, à environ 5 mm, légèrement en biais pour que l’eau de pluie s’écoule à l’opposé du bourgeon. Pour supprimer une branche entière, coupe juste au ras du petit bourrelet à sa base (le col), sans l’entailler et sans laisser de moignon.

Un pommier vigoureux se taille léger

Plus tu tailles fort, plus l’arbre réagit en produisant du bois et des gourmands. Sur un pommier très vigoureux, taille peu en hiver et complète par une taille en vert en été. À l’inverse, un arbre faible et âgé se requinque avec une taille un peu plus franche.

La taille du poirier : quelles différences ?

La taille du poirier suit les mêmes principes que celle du pommier : taille d’hiver, rameaux à bois raccourcis à 2 ou 3 yeux, lambourdes et dards conservés. Quelques nuances tout de même :

  • Le poirier a une croissance naturellement plus verticale. Écarte ou arque les jeunes branches pour les ouvrir, avec un lien ou un petit poids : une branche proche de l’horizontale fleurit davantage.
  • Il débourre et fleurit un peu plus tôt que le pommier. Termine sa taille avant la fin de l’hiver.
  • Ses lambourdes sont souvent nombreuses et deviennent vite encombrantes. N’hésite pas à éclaircir les plus vieilles bourses pour garder des fruits de beau calibre.

Tailler les fruitiers à noyau : cerisier, prunier, abricotier

Avec les arbres à noyau, oublie la taille d’hiver systématique. Ces arbres supportent mal les coupes et produisent de la gomme au moindre stress. On les taille peu, et au bon moment.

Le cerisier

Le cerisier se taille juste après la cueillette, en juillet-août, par temps sec. La cicatrisation est alors rapide. Contente-toi de supprimer le bois mort, les branches qui se croisent et celles qui encombrent le centre. Sur un grand cerisier, évite les grosses coupes : elles cicatrisent mal et peuvent déclencher de la gommose.

Le prunier

Le prunier est le plus tolérant des arbres à noyau. Taille-le de préférence après la récolte, en été, pour aérer et retirer le bois mort. Une taille d’hiver sévère le pousse à faire beaucoup de bois et peu de fruits. En fin d’hiver, limite-toi à quelques coupes légères si nécessaire.

L’abricotier

L’abricotier est le plus délicat. Il est sensible à la gommose et au dépérissement des branches. Taille-le après la récolte, fin d’été, par une journée sèche, et uniquement pour aérer et supprimer le bois abîmé. Moins tu coupes, mieux il se porte.

Le cas du pêcher

Le pêcher fait exception. Il fructifie sur les rameaux de l’année précédente, qui ne produisent qu’une fois. Il faut donc renouveler ce bois chaque année, en taillant à la floraison ou juste avant, quand on voit bien les boutons. C’est une taille plus technique, à pratiquer avec prudence la première fois.

Quant au figuier, il a ses propres règles, surtout s’il est bifère : tout est expliqué dans notre article pour planter et tailler un figuier.

La taille en vert : l’été, pour aider l’arbre

La taille en vert se fait sur l’arbre en feuilles, de juin à août. Elle complète la taille d’hiver et évite d’avoir trop à couper l’hiver suivant.

  • Supprime les gourmands tant qu’ils sont jeunes et tendres : un simple arrachage ou un coup de sécateur suffit.
  • Pince les pousses vigoureuses du pommier et du poirier au-dessus de 4 à 6 feuilles. La sève se concentre alors sur les fruits et sur la formation des futurs boutons.
  • Éclaircis les fruits sur les arbres trop chargés, en juin : garde un ou deux fruits par bouquet. Tu obtiens des fruits plus gros et tu limites l’alternance des récoltes.

Sur les arbres à noyau, la taille après récolte est déjà, en quelque sorte, une taille en vert : c’est ce qui la rend moins risquée.

Des outils propres et désinfectés

Une coupe nette cicatrise vite. Une coupe écrasée ou déchirée, elle, laisse entrer les champignons et les bactéries. D’où l’importance du bon outil, bien affûté, pour chaque diamètre de branche :

  • Le sécateur pour les rameaux jusqu’à 2 cm environ. Choisis un modèle à lames franches (qui se croisent comme des ciseaux) : il coupe net sans écraser le bois vivant.
  • Le coupe-branches (ébrancheur) pour les branches un peu plus grosses, et pour atteindre le haut de l’arbre grâce à ses longs manches.
  • La scie d’élagage pour les branches épaisses. Une petite scie pliante suffit dans la plupart des jardins.

Nettoie et désinfecte les lames avant de commencer, puis entre deux arbres, avec de l’alcool à 70° ou de l’alcool ménager passé sur un chiffon. C’est indispensable si tu viens de couper une branche malade : c’est ainsi qu’on évite de transmettre le chancre ou le feu bactérien d’un arbre à l’autre.

Pour les grosses branches, coupe en trois temps : une entaille par en dessous à 20-30 cm du tronc, puis une coupe par au-dessus un peu plus loin pour faire tomber la branche, et enfin la coupe finale au ras du col. Ainsi, l’écorce ne se déchire pas sous le poids.

Faut-il mettre du mastic cicatrisant ?

Le sujet est débattu. On sait aujourd’hui que l’arbre se défend lui-même en isolant la plaie, et qu’un mastic appliqué sur une petite coupe ne sert pas à grand-chose. Mal posé, il peut même enfermer l’humidité. En revanche, beaucoup de jardiniers l’utilisent encore sur les grosses plaies, de plus de 3 à 5 cm de diamètre, pour les protéger le temps de la cicatrisation. Si tu en mets, applique-le en couche fine, sur une coupe nette et sèche, jamais pour rattraper une coupe mal faite.

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Son intérêt est débattu : à réserver aux grosses plaies, en couche fine, sur une coupe nette.

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Les erreurs à éviter

  • Tailler trop : supprimer plus d’un quart à un tiers du volume en une année affaiblit l’arbre et provoque une forêt de gourmands. Étale une remise en forme sur deux ou trois hivers.
  • Tailler par temps de gel : le bois gelé est cassant, les coupes éclatent et cicatrisent mal. Attends un jour doux et sec.
  • Laisser des chicots : un moignon de branche ne cicatrise pas, il sèche et pourrit, et devient une porte d’entrée pour les maladies. Coupe au-dessus d’un œil ou au ras du col.
  • Couper à ras le tronc : à l’inverse, entailler le bourrelet à la base de la branche empêche l’arbre de refermer sa plaie.
  • Supprimer les lambourdes et les brindilles couronnées : c’est la récolte de l’année que tu coupes.
  • Tailler un cerisier ou un abricotier en plein hiver : gros risque de gommose.
  • Utiliser des outils sales ou émoussés : coupes écrasées et maladies transmises d’un arbre à l’autre.
  • Tailler tous les arbres de la même façon : chaque espèce a sa période et sa façon de fructifier.

À lire aussi : planter et tailler un groseillier

Questions fréquentes

Quel est le meilleur mois pour tailler un pommier ?

Février est souvent le meilleur compromis : l’arbre dort encore, les grands froids sont généralement passés et on distingue bien les boutons à fleurs. Dans le Sud, tu peux tailler dès novembre-décembre, hors gel.

Peut-on tailler un arbre fruitier en été ?

Oui, c’est même la bonne période pour les fruitiers à noyau, juste après la récolte. Pour le pommier et le poirier, l’été est réservé à la taille en vert : suppression des gourmands, pincement et éclaircissage des fruits.

Pourquoi mon pommier ne donne-t-il pas de fruits après la taille ?

Le plus souvent, parce que la taille a été trop sévère ou a supprimé les lambourdes et les brindilles couronnées. L’arbre réagit alors en faisant du bois. Taille plus légèrement l’hiver suivant et garde soigneusement le bois court qui porte les boutons à fleurs.

Faut-il tailler un vieux pommier abandonné ?

Oui, mais progressivement. Commence par le bois mort et les branches qui se croisent, puis allège le centre sur deux ou trois hivers. Une taille trop brutale d’un vieil arbre le ferait partir en gourmands.

Conclusion

Tailler un pommier ou un poirier, c’est surtout apprendre à lire ses branches : on garde le bois court qui porte les fruits, on raccourcit le bois long, on aère le centre, en hiver et hors gel. Pour les cerisiers, pruniers et abricotiers, on taille peu et après la récolte. Au verger, pense aussi aux petits fruits, avec notre guide complet sur le framboisier, et retrouve tous nos conseils dans la rubrique fruitiers. Au jardin d’ornement, la logique est proche pour tailler les rosiers en fin d’hiver.


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