Planter un myrtillier : quand, où et comment réussir

Planter un myrtillier : quand, où et comment réussir

Planter des myrtilles, c’est planter un myrtillier : fais-le de préférence en automne (de fin septembre à novembre) ou au début du printemps, et surtout dans une terre acide, car il ne pousse bien qu’avec un pH compris entre 4,5 et 5,5. Installe-le au soleil ou à mi-ombre dans un grand trou rempli de terre de bruyère, arrose-le à l’eau de pluie et associe au moins deux variétés pour de meilleures récoltes.

En bref

  • Quand : idéalement en octobre-novembre, sinon en mars-avril hors période de gel.
  • Le sol : acide (pH 4,5 à 5,5), léger et humifère. En terre calcaire, cultive-le en pot ou dans une grande fosse de terre de bruyère.
  • L’eau : de l’eau de pluie de préférence, car l’eau du robinet souvent calcaire finit par bloquer sa croissance.
  • La pollinisation : deux variétés différentes plantées côte à côte donnent des récoltes plus abondantes.
  • La récolte : de fin juin à septembre selon les variétés, en plusieurs passages.
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Myrtillier sauvage ou myrtillier cultivé : lequel planter ?

Au jardin, on plante presque toujours le myrtillier américain ou myrtillier à gros fruits (Vaccinium corymbosum). C’est un arbuste de 1,5 à 2 m de haut, aux baies bien plus grosses que celles de la myrtille des bois, à chair claire. Il est très rustique, décoratif toute l’année et ses feuilles prennent de belles couleurs rouges en automne.

La myrtille sauvage (Vaccinium myrtillus), celle des sous-bois de montagne, est un petit arbrisseau de quelques dizaines de centimètres, très exigeant et peu productif en culture. Sauf si ton jardin se trouve dans un secteur où elle pousse spontanément, oriente-toi vers les variétés cultivées.

Quand planter un myrtillier ?

Le meilleur moment est l’automne, de fin septembre à novembre. La terre est encore tiède et humide : les racines s’installent pendant l’hiver et l’arbuste démarre vigoureusement au printemps. Une plantation au début du printemps (mars-avril) reste possible, mais elle demandera des arrosages plus réguliers le premier été.

RégionPériode conseilléeÀ surveiller
Nord, Est, CentreOctobre-novembre ou mars-avrilÉviter les périodes de gel et de sol détrempé
Ouest, BretagneOctobre à décembreRégion souvent favorable, sols fréquemment acides
Sud-OuestOctobre-novembreArrosage et paillage indispensables l’été
MéditerranéeNovembre, ou en potChaleur, sécheresse et eau calcaire : mi-ombre l’après-midi
MontagneSeptembre-octobre ou avril-maiArbuste très rustique, mais planter avant les fortes gelées

Les myrtilliers vendus en pot peuvent se planter presque toute l’année, en dehors des périodes de gel et de forte chaleur. Pour les autres arbres et arbustes à fruits, consulte notre article quand planter un arbre fruitier.

Terre de bruyère et sol acide : la clé de la réussite

Le myrtillier appartient à la même famille que les rhododendrons et les azalées : c’est une plante de terre de bruyère. Dans un sol neutre ou calcaire, ses racines n’arrivent plus à absorber le fer. Les feuilles jaunissent entre les nervures (on parle de chlorose), la croissance s’arrête et l’arbuste dépérit en quelques années.

Connaître le pH de ta terre

Avant de planter, mesure le pH de ton sol avec un kit vendu en jardinerie. Autre indice : si les hortensias de ton quartier sont naturellement bleus, ou si les bruyères, les rhododendrons et les camélias y poussent sans difficulté, ta terre est probablement acide.

pH de ton solCe que tu peux faire
Entre 4,5 et 5,5Idéal : plante en pleine terre, en ajoutant simplement un peu de terre de bruyère et de compost de feuilles.
Entre 5,5 et 6,5Possible : creuse une grande fosse et remplis-la de terre de bruyère, puis paille chaque année avec des écorces de pin.
Au-dessus de 6,5 (sol calcaire)Déconseillé en pleine terre : choisis la culture en grand pot ou en bac rempli de terre de bruyère.

Garde en tête qu’une fosse creusée dans un sol calcaire finit souvent par s’alcaliniser, surtout si tu arroses avec une eau calcaire. Dans ce cas, le pot reste la solution la plus fiable.

Planter un myrtillier pas à pas

Choisis un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre, abrité des vents forts. Dans le Sud, une ombre légère l’après-midi évite que les feuilles ne grillent.

  1. Fais tremper la motte dans un seau d’eau de pluie pendant une quinzaine de minutes, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de bulles.
  2. Creuse un trou large d’environ 50 cm de côté et 40 à 50 cm de profondeur. Les racines du myrtillier sont fines et restent proches de la surface : elles ont besoin de largeur plus que de profondeur.
  3. Remplis le trou avec de la terre de bruyère, éventuellement mélangée à un peu de compost de feuilles ou d’écorces de pin compostées. N’ajoute ni chaux, ni cendre, ni terre calcaire.
  4. Installe la motte de façon que son sommet arrive au niveau du sol, pas plus bas.
  5. Comble et tasse légèrement avec les mains, sans écraser.
  6. Arrose copieusement à l’eau de pluie, même par temps humide, pour bien plaquer la terre autour des racines.
  7. Paille aussitôt avec 5 à 10 cm d’écorces de pin, d’aiguilles de pin ou de feuilles mortes : ce paillis garde la fraîcheur et entretient l’acidité du sol.

Espace les plants d’au moins 1 m, et jusqu’à 1,50 m pour les variétés vigoureuses. Plantés en haie fruitière, ils forment un très joli écran naturel. Le myrtillier s’associe d’ailleurs bien aux autres petits fruits : découvre aussi comment planter un framboisier.

Myrtillier en pot chargé de myrtilles bleues sur une terrasse, grand pot rempli de terre de bruyère

Planter un myrtillier en pot

C’est la meilleure solution en sol calcaire, sur une terrasse ou un balcon. Le myrtillier s’y plaît très bien, à condition de lui offrir un contenant assez grand.

  • Le pot : au moins 40 cm de diamètre et de profondeur pour commencer, puis 50 à 60 cm au bout de quelques années. Il doit être percé pour évacuer l’eau.
  • Le drainage : une couche de billes d’argile ou de graviers non calcaires au fond.
  • Le substrat : de la terre de bruyère pure ou un terreau pour plantes acidophiles.
  • L’arrosage : la terre ne doit jamais sécher complètement. En été, arrose souvent, parfois tous les jours par forte chaleur, toujours à l’eau de pluie.
  • L’hiver : l’arbuste supporte bien le froid, mais protège le pot des très fortes gelées avec un voile ou une toile de jute autour du contenant.

Rempote ou renouvelle la surface du substrat tous les 2 à 3 ans. Pour d’autres idées de petits fruits en pot, lis notre article sur le potager sur balcon.

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Quelles variétés de myrtilliers choisir ?

Les variétés cultivées sont pour la plupart d’origine américaine. En les choisissant de précocités différentes, tu étales la récolte sur tout l’été.

VariétéPrécocitéRécolte (indicative)Particularité
BluettaPrécoceFin juin à juilletPort compact, adaptée aux petits jardins
DukePrécoceJuilletProductive et régulière
PatriotMi-saisonJuilletTrès rustique, gros fruits
BluecropMi-saisonFin juillet à aoûtUne des plus cultivées, fiable et productive
BerkeleyMi-saisonFin juillet à aoûtGrosses baies claires
JerseyTardiveAoûtVigoureuse, bonne pollinisatrice
DarrowTardiveFin août à septembreTrès gros fruits, prolonge la saison

Les périodes de récolte varient selon la région et l’année : elles sont un peu plus précoces dans le Sud, plus tardives dans le Nord et en montagne.

Pollinisation : faut-il deux myrtilliers ?

Beaucoup de variétés sont dites autofertiles : un seul pied peut donner des fruits. Mais tous les spécialistes s’accordent sur un point : avec au moins deux variétés différentes qui fleurissent en même temps (au printemps, en avril-mai), la pollinisation croisée par les abeilles et les bourdons donne des baies plus nombreuses et plus grosses. Si tu as la place, plantes-en deux ou trois.

Entretien : arrosage, engrais et taille

L’arrosage à l’eau de pluie

Le myrtillier a des racines superficielles qui sèchent vite. Garde la terre fraîche en permanence, surtout les deux premières années et pendant la formation des fruits. Installe si possible un récupérateur d’eau de pluie : l’eau du robinet, souvent calcaire, fait remonter peu à peu le pH du sol. Le paillage, renouvelé chaque automne, limite beaucoup les arrosages. Les aiguilles de pin et les feuilles de chêne conviennent très bien, comme expliqué dans notre article sur le paillage avec les feuilles mortes.

L’engrais

Au début du printemps, apporte un engrais organique spécial plantes de terre de bruyère, en suivant la dose indiquée. Évite les engrais universels riches en calcaire et les cendres de bois, qui neutralisent l’acidité du sol.

La taille

Les premières années, contente-toi de retirer le bois mort ou abîmé. Ensuite, en fin d’hiver (février-mars), supprime à la base les plus vieilles branches, grises et moins productives, pour favoriser les jeunes pousses. Garde une charpente aérée d’environ 6 à 10 branches. Les fruits se forment sur le bois de 2 ans et plus, alors ne taille jamais toutes les branches à la fois.

Récolter les myrtilles

Un jeune myrtillier donne quelques fruits dès la deuxième ou la troisième année, mais il faut compter plusieurs années pour atteindre une bonne production. Les baies d’une même grappe ne mûrissent pas toutes en même temps : la récolte se fait en plusieurs passages, tous les quelques jours.

  • Attends que la baie soit entièrement bleue, sans trace rouge près du pédoncule. Quelques jours de plus sur l’arbuste la rendent plus sucrée.
  • Cueille en roulant délicatement la grappe entre les doigts : les baies mûres se détachent toutes seules.
  • Ne lave les myrtilles qu’au moment de les consommer. Elles se gardent quelques jours au réfrigérateur et se congèlent très bien.
  • Protège la récolte des oiseaux : merles et étourneaux en raffolent. Un filet tendu sur l’arbuste dès que les fruits bleuissent est la solution la plus simple.

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Les erreurs à éviter

  • Planter en sol calcaire sans précaution : le myrtillier jaunit et dépérit. Mesure le pH avant de planter.
  • Arroser à l’eau calcaire : à la longue, elle neutralise l’acidité de la terre de bruyère.
  • Enterrer la motte trop profondément : le collet doit rester au niveau du sol.
  • Laisser sécher la terre en été : ses racines superficielles ne le supportent pas, surtout en pot.
  • Mettre des cendres, de la chaux ou un engrais universel : ils font remonter le pH.
  • Ne planter qu’une seule variété : la récolte sera plus faible qu’avec deux variétés qui se pollinisent.
  • Tailler trop fort chaque année : tu supprimes le bois qui porte les fruits.

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À lire aussi : Quand planter les fraisiers · Le framboisier · Tailler les arbres fruitiers

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour qu’un myrtillier donne des fruits ?

Un plant de 2 ou 3 ans acheté en jardinerie donne souvent quelques baies dès la première ou la deuxième saison. La production devient vraiment intéressante au bout de quelques années, quand l’arbuste a bien développé ses branches.

Peut-on planter un myrtillier dans une terre normale ?

Seulement si elle est naturellement acide. Dans une terre neutre ou calcaire, il faut creuser une grande fosse remplie de terre de bruyère, ou mieux, cultiver le myrtillier en pot, plus facile à maintenir acide.

Pourquoi les feuilles de mon myrtillier jaunissent-elles ?

Le plus souvent, c’est une chlorose : le sol n’est pas assez acide, ou l’eau d’arrosage est trop calcaire. Passe à l’eau de pluie, paille avec des écorces de pin et apporte un engrais pour plantes de terre de bruyère au printemps.

Le myrtillier résiste-t-il au froid ?

Oui, le myrtillier américain est très rustique et supporte sans problème les hivers de la plupart des régions françaises, y compris en montagne. En pot, protège simplement le contenant pour que les racines ne gèlent pas complètement.

Conclusion

Un myrtillier bien planté peut produire pendant des décennies. Les trois clés : une terre acide de bruyère, de l’eau de pluie, et au moins deux variétés pour une bonne pollinisation. Plante-le de préférence en automne, paille-le et laisse-le s’installer. Pour compléter ton verger, découvre aussi comment planter et tailler un figuier.


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